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Affrontement en Méditerranée orientale entre la Turquie et la Grèce

Affrontement en Méditerranée orientale entre la Turquie et la Grèce Posted on 16 septembre 2020Leave a comment

La Grèce et la Turquie sont-elles proches d’un conflit militaire dans Méditerranée Orientale ? Des questions de divisions de zones maritimes dans la mer méditerranée entre les deux pays de l’OTAN que sont la Grèce et la Turquie sont à l’origine de tensions croissantes entre les deux pays. C e conflit s’explique par la richesse des sols dont la répartition n’est pas parfaitement claire. L’Union Européenne et l’OTAN ont partagé des sentiments d’inquiétudes quant à ce dossier.  

L’origine du problème

Les deux protagonistes de ces tensions sont la Grèce et la Turquie de Recep Tayyip Erdogan. A l’heure actuelle, la répartition des zones maritimes séparant la Grèce et la Turquie donnent accès à de vastes gisements gaziers à la Grèce. Selon Didier Billion, directeur adjoint de l’Iris (institut des relations nationales et stratégiques) ces tensions ne sont pas nouvelles. Selon lui, les négociations avaient déjà étés entamés mais aucun accord n’avait été trouvé. Ce sujet sensible revient donc à la surface et les enjeux financiers y sont élevés ce qui risque de ne pas faciliter les négociations. Cependant, cette question géopolitique ne fait que continuer de s’envenimer depuis ces dernières semaines avec l’intervention de pays extérieurs au conflit.

Qu’explique le droit international ?

En terme général, depuis 1982, les eaux dans un rayon de 22,2 kilomètre d’un territoire lui permet d’y exercer les même droit que sur son territoire terrestre. Dans le cas d’Ankara et d’Athènes, depuis 1936 la limite y est fixée à 6 miles (9,65km). Or, si la Grèce décide d’étendre sa mer territoriale à 22,2km comme le droit l’y autorise, cela impliquerait que les Turques ne pourraient plus passer par la mer Egée sans un accord avec les Grecques. Si la Grèce venait à faire cela, les Turques ont répliqués en disant que « c’était un motif de Guerre ».

Le second conflit intervient pour les ZEE (zones économiques exclusives) qui d’après le droit international permet à l’Etat Côtier d’exploiter toutes les ressources de la zone à 200 miles. Cependant, la convention de Montego Bay (qui explique les ZEE) n’apporte aucune réponse à ce conflit territorial étant donné que les côtes sont trop proches pour établir les ZEE et que la Turquie n’a jamais signé le texte.

Un conflit d’intimidation :

Suite à l’exploration des fonds par des forages par les Turques, la Grèce et Chypre les accusent de violer leurs souverainetés. Erdogan a expliqué ces actes au travers des propos suivant « La Turquie est prête à toute forme de partage, du moment qu’il est équitable ». Or, la Grèce ne souhaite en aucun cas partager des zones riches qui leurs appartiennent.

Un cap a été franchi lorsque le 10 août, Ankara a déployé un bateau sismique (Oruç Reis) ainsi qu’une escorte de navires de guerre pour prospecter des zones riches en hydrocarbures à moins de 3km des côtes turques au large de l’île Grecque de Kastellorizo. En réponse, Athènes a lancé des manœuvres navales ainsi que le grand projet de rachat d’armes dont 18 rafales.

Le déploiement de Oruç Reis s’explique par le fait que cette île étant situé à 2kilomètres des côtes Turques ne devrait selon Ankara donner aucun droit à la Grèce sur des milliers de kilomètres carrés qui l’entourent comme elle se trouve sur le plateau continental Turques.

Les turques ont continués à jouer la carte offensive et d’intimidations après les deux annonces d’Erdogan « Ils vont comprendre que la Turquie est assez forte politiquement, économiquement et militairement pour déchirer les cartes et les documents immoraux » en sous entendant que les ZEE (zones économiques exclusives) Grecques et Chypriotes n’allaient pas l’empêcher de s’imposer.

Lors d’une allocution télévisée, Erdogan en a rajouté une couche en disant « Ils vont comprendre, soit par le langage de la politique et de la diplomatie, soit sur le terrain via d’amères expériences. La Turquie et le peuple turc sont préparés à toute éventualité et à toute conséquence ». Ces propos semblent montrent que les Turques sont prêt à se faire des ennemis pour obtenir ce qu’ils souhaitent.

Position de l’Union Européenne

L’Union Européenne n’a pas réussi à adopter des déclarations équivalentes face à la Turquie. Macron qui est fortement opposé aux positions Turques a appelé ses partenaires européens à « être clairs et fermes avec le gouvernement du président Erdogan qui, aujourd’hui a des comportements inadmissibles ». Il a également communiqué en expliquant que la Turquie n’était plus un partenaire dans cette région. Le président Français a continué d’affirmer sa position en envoyant deux rafales et deux bâtiments de la marine nationale en soutien à la Grèce.

Cependant, le soutien des autres pays européens est très difficile à obtenir car Erdogan menace d’ouvrir ses frontières aux réfugiés se trouvant sur son territoire. De plus, l’Allemagne qui assure la présidence tournante de l’UE ne souhaite pas s’opposer à la Turquie de par ses nombreux accords commerciaux ainsi qu’avec la forte communauté turque présente sur son territoire.  

Enfin, Erdogan qui souhaite affirme sa puissance géopolitique s’est adressé aux pays de ‘Union Européenne : « Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie. »

La situation est donc particulièrement compliquée à l’heure actuelle. Ce conflit de territoire a une portée largement supérieure à celle que l’on peut supposer. Erdogan ne semble pas vouloir renoncer à un centimètre de terre tandis que les Grecques (soutenus par la France) ne semblent pas vouloir renoncer à ces gisements. Les négociations ne sont donc pas proches de leurs termes. Affaire à suivre…

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