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« Les nouvelles routes de la soie »

« Les nouvelles routes de la soie » Posted on 24 mars 2020Leave a comment

La Chine de XI JIPING est à l’origine d’un réseau tentaculaire à la fois terrestre et maritime dans le but de contrôler une organisation de transport de marchandises à l’échelle internationale. Ce projet sera sans aucun doute un élément clé de la course à la première puissance mondiale face à l’ennemi américain.

Qu’est-ce que c’est ?

L’idée de la création des « nouvelles routes de la soie » est un projet mené par la Chine et son puissant président Xi Jinping. C’est en 2013 que le Président annonce la volonté de créer ce nouvel axe qui changera ensuite de nom pour « One belt One road » ou « Belt and Road Initiative » (BRI). Dans chacun de ces cas, le nom se divise en deux parties : « Belt » qui considère la création des routes terrestres, d’une part, et « Road » qui considère les voies maritimes, d’autre part. L’idée principale de ce projet est de continuer la stratégie d’implantation et d’influence chinoise à l’International mais également de réduire sa dépendance vis-à-vis de son concurrent principal que sont les Etats-Unis. Les nouvelles connexions se dessinent sur trois zones principales que sont : l’Europe, l’Asie Centrale et l’Afrique. La mise en relation de ces différentes zones du globe se fera également par 3 moyens de transport : autoroutes, lignes ferroviaires et ports maritimes.

L’image ci-dessous illustre le plan de transport mettant en relation les 3 pôles : Asie, Europe, Afrique.

Un investissement colossal 

Mené dans son ensemble de 2016 à 2030, le projet nécessite, selon les estimations, un montant avoisinant les 1 700 milliards de dollars par an soit un montant total proche de 26 000 milliards d’euros. Ce montant représente plus de dix fois le Produit Intérieur Brut français de 2018 (2 353 milliards d’euros). Les investissements se répartiront dans plusieurs secteurs comme l’électricité (56,3%), le transport (31,9%) ou encore les télécommunications (8,7%). Ces injections financières massives seront supportées par le gouvernement chinois en majorité, pour garder la mainmise sur le déploiement de la BRI et plusieurs organisations telles que la China Development Bank, l’Export-Import Bank of China ou bien le Silk Road Fund.

Qui sont les participants à ce projet ?

Il est presque impossible de lister l’ensemble des pays tant ils sont nombreux. Effectivement, selon CNN, le projet est prévu en partenariat avec 144 pays à travers le monde. Pour mettre en évidence l’immensité du plan chinois, cela correspond à 4,4 milliards d’habitants soit plus de 60% de la population mondiale.

Cette carte indique en rouge les pays inclus dans la BRI :

Ces multitudes de connexions vont permettre à l’Empire du Milieu d’améliorer significativement ses relations avec chacune d’entre elles. Il est également important de noter que la mise en place d’infrastructures (réseaux ferrés, ports, pipelines, routes terrestres, etc.), en majeure partie financées par la Chine, va permettre au pays communiste d’augmenter son emprise sur le commerce international au dépit de nombreux autres investisseurs. Certaines oppositions sont en train de naître pour contraindre le projet de déploiement.

Que veut la Chine à travers de ce projet ?

Tout d’abord, elle veut sécuriser les routes par lesquelles passent les marchandises qu’elle expédie à travers le monde. De plus, la création de nouveaux accords lui permettrait d’avoir accès à des nouveaux débouchés économiques et ainsi augmenter le volume d’export favorisant une balance commerciale positive. Selon certaines estimations, les revenus de ces nouvelles routes de la soie ont déjà permis à la Chine de retirer des bénéfices de 117 milliards d’euros.

Quelles sont les objections ?

Tout d’abord, il semble évident que ce projet ne s’inscrit en aucun cas dans un cadre de responsabilité écologique. Le 21ème siècle voit naître un courant de plus en plus important d’acteurs en faveur d’une économie plus responsable. Or, la construction de tant d’infrastructures va nécessiter l’extraction particulièrement polluante de matières premières mais également un transport massif de ces dernières à travers le monde. Cet impact écologique important fait s’insurger pléthore d’oppositions expliquant que cette expansion n’est nullement nécessaire et que sa mise en place aurait pour conséquence la destruction de la faune et la flore à plusieurs point de la planète.

De plus, un projet d’une telle ampleur lève des doutes sur la capacité de financement à la fois pour la Chine mais également pour les pays hôtes. Le pays de Xi Jinping accentuerait donc le poids de sa dette qui représente aujourd’hui plus de 300% de son PIB. Afin de pallier cela, la Chine propose certains accords économique bilatéraux pour étoffer les doutes et couvrir ses arrières. Néanmoins, les états hôtes des projets font également preuve de faiblesses économiques compte-tenu de leur endettement important, confirmant le scepticisme financier qui plane au-dessus de la BRI.

Certains y voient un abus de pouvoir comme la Chine l’a fait auparavant avec le Sri Lanka. Lors de l’installation d’infrastructures dans ce pays, la Chine signe une clause expliquant que, en cas de défaut de paiement, elle s’octroie le droit de prendre possession des biens physiques. Le Sri Lanka a ainsi cédé son port hautement stratégique d’Hambantota. De nombreux spécialistes s’inquiètent donc de cette manipulation permettant donc ensuite aux Chinois d’avoir le contrôle sur de nombreuses zones stratégiques grâce à cette spirale de l’endettement.

Le président Français Emmanuel Macron a souhaité créer un front européen pour contrer cet invasion chinoise, initiative avortée par les signatures déjà actées de plusieurs membres de l’Union Européenne (Portugal, Grèce, Hongrie, Italie) avec la Chine.

Thibaud TRICHARD.

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