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« L’impact du confinement sur la qualité de l’air »

« L’impact du confinement sur la qualité de l’air » Posted on 6 mai 2020Leave a comment
Graphique pollution de l'air confinement rhone alpes

Quel est l’impact du confinement des Français sur la qualité de l’air ?

Suite à certains articles en lien avec l’amélioration de la qualité de l’air grâce au Covid19 et son impact sur notre mode de vie, nous avons eu envie de vérifier ce qu’il en était réellement chez nous à l’aide de données locales.

Et pour vérifier cela, quoi de mieux que de se baser sur des données brutes. C’est sur cette base que nous avons rédigé cet article :

Nous avons donc récupéré les données officielles de la région Rhône-Alpes pour comprendre exactement ce dont on parle en terme de qualité de l’air. Voici la source

Le contexte sur les polluants

Il est important de savoir que toutes les villes Françaises de plus de 100 000 habitants sont dans l’obligation de mesurer la concentration de certains polluants dans l’air afin de définir « l’indice ATMO ».

L’indice ATMO c’est une valeur comprise entre 1 et 10 (1 étant le meilleur et 10 le plus mauvais). Cet indice est calculé à partir de 4 sous-indices (compris également entre 1 et 10)

  • particules fines (PM10)
  • ozone (O3)
  • dioxyde d’azote (NO2)
  • dioxyde de soufre (SO2)

L’indice ATMO de la journée pour une ville sera égal à la plus grande valeur de ses sous-indices. Autrement dit si un des 4 sous indices est relevé à 8 sur 10 alors que les trois autres sont de 1 sur 10 alors l’indice ATMO indiquera 8 pour la journée.

Depuis la source de données de la région Auvergne Rhône Alpes, nous obtenons des informations sur les 4 sous-indices d’ATMO dans les principales villes de la région (23 villes).

Voici un peu de détails sur les différents sous-indices :

NO2 : Le Dioxyde d’azote est un des polluant émis majoritairement par les moteurs à combustion interne et les centrales thermiques.

SO2 : Dioxyde de soufre est un polluant toxique et irritant. Il est dégagé dans l’air majoritairement par la combustion de matières fossiles (en majorité le charbon et le pétrole). Cependant il manque beaucoup de données pour cet indice dans la base open data que nous exploitons…

O3 : Ozone est un gaz toxique pour l’humain à trop forte concentration dans les basses couches de l’atmosphère. Il est produit naturellement par les feux de forêts mais aussi par des activités humaines industrielles en particulier. Ce gaz a deux visages, il est un bouclier naturel contre les rayons UV (ultra violets) quand il est présent dans la stratosphère (haute altitude). Mais il est polluant et irritant dans les basses couches… Il existe un processus d’écoulement de l’ozone vers les hautes couches de l’atmosphère mais celui-ci est perturbé lors de fortes chaleurs.

Pm10 : Particules fines de diamètre inférieur à 10 micromètres. Il en existe des plus fines encore mais les données sont plus rares et les mesures non obligatoires. Elles sont nocives car trop fines pour être correctement comprises par le système de défense du corps humain et se logent directement dans nos poumons. Ces particules sont produites en majorité par une combustion incomplète (procédés industriels, chauffage au bois…)

Le premier constat

Sur ces bases, nous avons téléchargé les données au format texte afin de les exploiter grâce à des graphiques. A partir de ces données, voici comment nous avons procédé :

  • Nous avons dans une premier temps retraité les données. (suppression des données égales à 0 afin de ne pas fausser les graphiques.
  • Réalisé la moyenne des sous-indices de chaque ville de la région Rhône-alpes afin d’obtenir une note globale par jour et par sous indice.
  • Afin d’obtenir plus de précisions sur le graphique, nous avons multiplié le résultat par 100 pour pouvoir arrondir sans perdre en précision. (Notre librairie ne prend en compte que les valeurs entières). Notre intervalle de valeur s’étend donc « théoriquement » de 100 à 1000 .
  • Nous avons choisi d’analyser les données entre le premier janvier et le 26 avril de manière à avoir un certain recul sur l’impact du confinement.

Voici le graphique que nous avons produit à partir des données collectées

A la lecture de ce graphique on constate que la baisse des différents polluants n’est pas extrêmement marquée. Vous avez la possibilité de trier les polluants en cliquant sur les rectangles de couleur de la légende afin de rendre le graphique plus lisible et vérifier l’évolution de chaque sous indice.

La seule baisse significative que nous constatons concerne le dioxyde d’azote. Ce qui semble assez logique car fortement influencé par la circulation automobile qui a diminué de plus de 60% depuis la mise en place du confinement en France.

En revanche, nous pouvons aussi être surpris par la hausse de la quantité d’ozone. Cette hausse quant à elle semble pouvoir s’expliquer en grande partie par les températures en hausse dans la région qui perturbent l’écoulement naturel de ce gaz dans les hautes couches de l’atmosphère. Une autre hypothèse serait une conséquence de sa plus grande utilisation liée au confinement. En effet ce gaz est utilisé pour désinfecter l’eau. L’eau que nous consommons en France est sous haute surveillance et une plus grande utilisation d’Ozone pour la désinfecter est une hypothèse à prendre en compte parmi d’autres ?

Et en comparant avec 2019 ?

Afin de confronter ces données, il est aussi intéressant de comparer les courbes que nous avons du confinement avec des données relevées en temps « normal » (hors confinement).

Notre source de données nous permet de télécharger les informations remontant à plus d’un an.

Afin que la comparaison soit la plus cohérente possible, nous avons téléchargé les données sur la même plage de date (1 janvier -> 26 avril) pour l’année 2019 afin de mettre les deux courbes en relief.
Petit détail, 2020 étant une année bissextile, nous n’avons pas de données pour le 29 février 2019 😉

De la même manière nous vous conseillons de « jouer » avec les filtres du graphique afin de le rendre plus lisible en sélectionnant les courbes d’un même polluant sur 2019 et 2020 afin de pouvoir les comparer.

La comparaison avec 2019 confirme l’impression de la première analyse, à savoir que la baisse plausible suite aux mesures de confinement n’est pas extrêmement marquée. Cependant, on remarque tout de même qu’il semble y avoir une baisse. Certes assez faible, mais présente. Le plus flagrant concerne le Dioxyde d’Azote (violet / rose), sur lequel les courbes se dissocient à partir de mi-mars (début du confinement).

Après avoir rajouté les données de 2019, la lisibilité des données du graphique devient compliquée avec 6 courbes.
Afin de rendre la lecture plus simple et de lisser la courbe, nous avons fait une moyenne par semaine pour chaque sous-indice afin de dégager une courbe de tendance.
En voici le résultat :

Ce nouveau graphique nous donne une lecture plus globale et nous confirme que la présence de dioxyde d’azote est plus faible en 2020. En ce qui concerne l’ozone, le constat est assez similaire malgré le fait que la différence soit vraiment plus faible.

Conclusion

Suite aux lectures des données de la région Rhône-Alpes, on constate en effet que le confinement a un impact positif sur la présence de polluants dans l’air que nous respirons mais il faut aussi nuancer cette amélioration avec l’impact minime sur certains autres polluants… Beaucoup d’autres facteurs rentrent en compte (industries de la région, météo locale, pollution venant d’autres pays…)

Il serait intéressant de réaliser la même analyse avec une autre région afin de confronter les données.
Une idée de région pour comparaison ?
Bon dé-confinement 🙂

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