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« Comment les gouvernements souhaitent-ils sauver l’économie de la crise du Covid-19 ? »

« Comment les gouvernements souhaitent-ils sauver l’économie de la crise du Covid-19 ? » Posted on 10 avril 2020Leave a comment

Depuis plusieurs mois, voire années, plusieurs experts du monde de la finance parlaient d’une économie qui devenait de plus en plus instable compte-tenu du croisement de plusieurs faisceaux (hausse significative du montant de dette des Etats, décorrélation croissante du monde financier et de l’économie réelle, pays devenant insolvables, guerres commerciales, taux d’intérêts extrêmement faibles, dépassement des limites budgétaires). Néanmoins, c’est un événement imprévu qui est venu donner le coup de hache : le virus « Covid-19 » est devenu l’élément déclencheur d’une crise internationale.

Un point sur l’impact du Covid-19 sur l’économie

A l’apparition de ce virus en Chine, presque aucune inquiétude n’a eu lieu sur les marchés financiers qui continuaient de bien se porter. Cela s’explique probablement par la probable volonté de la Chine de dissimuler la gravité de la situation en partageant de fausses informations. Le développement de cette actuelle pandémie a, ensuite, très vite affolé les marchés. Effectivement, pendant le mois de février 2020, toutes les places boursières se sont écroulées de façon radicale : un CAC40 qui chute de plus de 6 000 points à 3 754,84 en exactement 1 mois, le Nasdaq qui tombe de plus de 9 700 à 6 860,67 sur cette même période, et le NIKKEI, le S&P500, le NYSE, le TSE, le LES ont tous subi la même chute radicale. La chute des marchés s’est très rapidement répandue sur l’économie réelle.

La chute des Bourses mondiales en trois questions

Effectivement, la succession des confinements crée un effet domino qui arrête la quasi-totalité des pays. L’Australie connait ainsi sa plus longue interruption de croissance. Les Etats-Unis reçoivent plus de 10 millions de demande de chômage en seulement deux semaines. La Chine, poumons de l’économie mondiale mis aux arrêts, ne fournit plus la chaîne mondiale d’approvisionnement qui rompt la chaîne de production à l’échelle internationale. L’Espagne, L’Italie, l’Iran, l’Inde, l’Angleterre, etc., subissent tous le même sort et fait face pour la première fois à un arrêt presque généralisé de l’économie suite aux consignes de confinement. Toutes les entreprises « non essentielles » sont mises à l’arrêt, le télétravail se généralise, les entreprises commencent à tomber par manque de trésorerie… L’économie mondiale vit donc un moment unique par son origine, son aspect et sa brutalité. Pour éviter la chute définitive et ainsi pouvoir se relever, les Etats font face à une tâche particulièrement difficile d’autant plus que la majorité d’entre eux fait déjà l’objet de surendettement. Comment comptent-ils combattre ce phénomène ?

Un soutien financier à grande échelle

Pour faire face à une crise exceptionnelle, seuls des moyens exceptionnels peuvent être suffisants. C’est ce que pense la majorité des représentants clés des banques centrales des différentes régions du monde. Les annonces de soutien financier se sont donc multipliées en mettant à disposition des sommes plus importantes les unes que les autres. Emmanuel Macron se dit prêt à employer 300 Milliards d’euros, l’Allemagne parle de 540 Milliards tandis que Donald Trump envisage la somme de 2 000 Milliards de dollars, ce qui représente la quasi-totalité du Produit Intérieur Brut Français.

Dans de nombreux pays comme la France ou l’Angleterre, l’Etat vient donc en soutien des entreprises en offrant des garanties de maintien des salaires des employés ne pouvant plus travailler (80% en Angleterre contre 84% en France). L’Italie, le Canada, l’Espagne, l’Allemagne, tous suivent les pas en mettant à disposition des moyens faramineux pour soutenir l’économie et les habitants de leur pays.

Voyant l’endettement exploser à nouveau, la Banque Centrale Européenne, dirigée par Christine Lagarde, a mis de côté les restrictions budgétaires qui avaient été mise en place dans la zone euro et a ensuite annoncé vouloir injecter 750 Milliards d’euros pour essayer de sauver une Union Européenne aux abois.

De son côté, le FMI (Fonds Monétaire International) se dit prêt à mettre en place « toute sa capacité de financement, soit 1 000 milliards de dollars » pour venir en aide à 80 pays ayant demandé une aide financière. La directrice du FMI, Kristalina GEORGIEVA, souhaite créer un front commun avec les différentes institutions financières mondiales pour apporter un « soutien coordonné » ce qu’a rapidement répété Christine LAGARDE.

Ungaria a bătut cu pumnul în masă la FMI și Banca Mondială ...

Que peut-on espérer de ce soutien massif ?

Des millions d’avis divergent et chacun ajoute son grain de sel en dénonçant un système qui n’est pas fiable, des réformes qui comblent un vide sans fin, des aides superficielles… A l’heure actuelle, une seule chose est certaine : lorsque l’on fait face à un événement qui nous est inconnu, l’humain va de manière systématique chercher à trouver une issue. Or, la vérité est qu’il nous est impossible de définir les conséquences de cette crise comme il nous est impossible de mesurer la dimension de cette crise ou encore d’avoir un ordre d’idée de ce que représente les milliers de milliards engagés. Cependant, nous pouvons sans nul doute comparer l’état de la situation si aucune de ces aides n’avait été mis en place. Le constat serait simple: le nombre d’entreprises devant déposer le bilan aurait explosé bien au-delà du nombre auquel nous faisons face. Ces entreprises qui sont considérées comme non essentielles ont, pour une majorité, un rôle indispensable dans le fonctionnement d’une économie systémique, c’est-à-dire interdépendante. Sans l’un des maillons de la chaîne, l’ensemble de la chaîne peut se trouver en déséquilibre ce qui peut causer un effet de domino et faire augmenter de façon exponentielle les conséquences de cette crise.

Par conséquent, les nombreuses aides mises à dispositions sont l’oxygène de l’économie mondiale à l’arrêt. La perte financière, due à une réduction drastique de la production, est maintenue superficiellement en vie ce qui limite donc une chute inévitable. Est-ce que cela est suffisant ? Aucun d’entre nous ne peut le savoir car seul le temps dira si ces aides auront permis aux entreprises de se relancer et ainsi à l’économie de fonctionner afin de remettre en place une machine enrayée. L’avenir donnera donc le jugement final. Il est à noter que ce renflouement aura pour conséquence de faire exploser une dette déjà absolument colossale. Est-ce que cela a un sens ? La dette signifie-t-elle toujours quelque chose ?

L’effacement des dettes, une solution ?

A quoi bon vouloir relancer l’économie à coups de dettes insurmontables qui auront un effet d’austérité comme lors de la crise 2008 et qui auraient donc comme conséquence de seulement reporter l’échéance face à un défi toujours plus important ? D’après une analyse, si l’on combine l’ensemble des dettes des pays développés en agglomérant dette privée, publique, domestique et externe, on obtient une moyenne de dette à hauteur de 191% de leurs PIB combinés. Ces chiffres donnent le tournis et perdent tout leur sens tant ces dettes deviennent insurmontables et ralentissent la croissance des pays. L’une des conséquences est que les dettes peuvent conduire à des violences, des émeutes voire même des révolutions. Pour pallier cela, l’effacement des dettes est-il la solution ? L’idée d’un effacement globalisé des dettes est une solution qui entre doucement dans les mœurs et qui semble de plus en plus convaincante aux yeux de nombreux économistes et spécialistes. Il faut savoir que les dettes effacées seraient celles qui appartiennent aujourd’hui à des investisseurs (fond de pensions, banques, BCE, SEBC). En France par exemple, la Banque de France possède environ 20% de la dette souveraine Française. Les dettes potentiellement effaçables sont celles que détiennent le système européen des banques centrales (SEBC) et non pas celles des investisseurs privés comme les fonds de pensions, etc. Ici commence une situation complexe : éliminer leurs dettes serait, selon la loi, une atteinte à leur droit de propriété. Or, les conséquences de cet effacement seraient supportées par l’actionnaire (celui qui détient) des banques centrales qui est aujourd’hui l’Etat bien que ces deux entités (Etat et banques centrales nationales) soient indépendantes. L’annulation de la dette reviendrait donc à éliminer du bilan d’une Institution détenue par l’Etat, des créances que possèdent cette même entité. Au premier abord, cela semblerait donc se compenser et donc pouvoir s’effacer simplement, or ça n’est pas le cas.

Un article sera écrit spécialement dessus tant nous considérons le sujet important, si vous souhaitez obtenir plus d’informations, nous vous conseillons d’aller vous informer ici : https://legrandcontinent.eu/fr/2020/04/09/covid-19-faut-il-annuler-les-dettes-abyssales-a-venir-des-etats/

En bref

Il est donc très difficile de mesurer la situation dans laquelle notre civilisation se trouve. Elle est unique dans le cycle de notre espèce et vient déstabiliser un modèle que nous pensions stable. Nous tentons de faire face à toutes les conditions exceptionnelles que nous traversons et nous retenons notre oxygène en attendant que la pluie passe. Des investisseurs, comme Natixis notamment, parlent de la fin d’un cycle et que nous ne reverrons plus le modèle néo-libéral que nous exploitons depuis des années. Ils pensent également que nous allons relocaliser nos productions et notre mode de pensée. D’autres, au contraire, pensent que, malgré une remise en question générale durant et après cette crise, la compétitivité et l’attractivité de produire dans certaines zones vont reprendre le dessus et que notre système va naturellement se remettre en place. Nous vous laissons vous faire votre idée sur ce sujet et nous verrons ce qui arrive. 

Thibaud TRICHARD

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